Siem Reap

La ville de Siem Raep de la province du même nom est la porte d’entrée du célèbre site archéologique d’Angkor. Siem Raep signifie « Siamois vaincus » car elle a été un lieu de victoire des khmers contre les Thaïs .

Elle fut autrefois un simple village redécouvert par des explorateurs français au XIXème siècle. A la fin de la guerre et de la période des khmers rouges, vers le milieu des années 1990, elle reprend ses activités touristiques, sa principale ressource, qui se sont accélérées depuis une douzaine d’années. Elle est devenue aujourd’hui une ville incontournable pour les visiteurs d’Angkor et connait un essor touristique sans précédent dont les constructions hôtelières semblent toutefois rester dans des proportions raisonnables. Le visiteur retrouvera quelques traces du passé à travers une architecture de style colonial et chinois, dans le quartier français par exemple et autour du vieux marché. De nombreux hôtels et restaurants de toute catégorie ont vu le jour grâce notamment à des capitaux étrangers. Le centre s’articule autour du vieux marché (psaar Chaa) qui concentre de nombreux petits établissements. De même différentes catégories d’hôtels et de restaurants plutôt bon marché se situent le long du boulevard Sivatha et un peu plus loin du centre dans la zone du grand marché, psaar Leu.

La ville de Siem Raep reste d’ailleurs fort intéressante pour les visiteurs fatigués de la visite des temples d’Angkor. Elle recèle plusieurs pagodes, les différents marchés dont le marché de nuit, les monuments coloniaux dont le Grand Hôtel ou ce qu’on appelle les compartiments chinois ou encore le Musée national d’Angkor.

Quant au site d’Angkor, rappelons qu’il est classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1992. Il représente dans sa globalité 200 monuments et 568 sites archéologiques. Parmi les temples les plus célèbres, citons le Bayon, le Banteay Srey et le plus connu, Angkor Wat. Ce dernier comme tout le site accueille des milliers de visiteurs par an venus du monde entier. Néanmoins, il reste préservé et respectueux d’une exploitation abusive. Pour combien de temps encore ? Nul ne le sait. Gageons que la conscience collective le préserve pour l’éternité ! Il sera possible de s’éloigner de la foule en visitant cette merveille tôt le matin et en prenant plusieurs jours. Vous découvrirez alors toute la magie de ce lieu.

Les sites d’Angkor

Les vestiges archéologiques sont situés à environ 8 km de Siem Raep et s’étendent sur près de  400 km2 avec pas moins de 287 temples. La période de la construction d’Angkor démarre au 9ème siècle avec le souverain Jayavarman II pour s’achever au 14ème siècle, époque du déclin de l’empire khmer. Tous les lieux essentiels de visite sont par chance peu éloignés les uns des autres. Les plus beaux sites ont été répertoriés par les autorités en deux itinéraires : le petit circuit et le grand circuit. Le petit circuit d’environ 15 km commence à Angkor Wat. Le grand circuit long de 26 km est une extension du précédent. Compte tenu de l’ampleur et de la beauté du lieu, il sera difficile de le visiter en une journée sauf si vous le faîtes au pas de course. Un minimum de trois ou quatre jours est requis pour voir l’essentiel. Outre Angkor Wat, de nombreux autres temples dont le Bayon recèlent une beauté majestueuse. Nous vous proposons de découvrir les principaux à travers une simple description.

Le temple Angkor Wat

C’est le symbole mythique du Cambodge. En khmer, il signifie la « pagode de la ville » ou la « ville-pagode ». Sa construction commença au 12ème siècle et dura 37 ans ! Il est aussi le symbole de la dévotion d’un homme à ses dieux et est tout à fait unique. Il fut sans doute construit comme temple funéraire de Suryavarman II (1112-1152) en l’honneur de Vishnou, la divinité hindoue à laquelle le souverain s’identifiait. .Angkor Wat est célèbre pour ses magnifiques apsaras (nymphes célestes). On dit du temple d’Angkor qu’il est invulnérable. Il a servi de refuge à la population au début de la guerre de 1970.

Angkor Wat est rempli de symboles dont sa tour centrale qui symbolise le mont Meru (le centre de l’Univers), entouré de plus petits pics (les autres tours), au milieu des continents (les cours inférieures) et des océans (la douve). Le temple est entouré d’une large douve formant un énorme rectangle d’1,5 km sur 1,3 km. Le temple central compte trois étages en latérite, disposés autour d’une place entourée d’un labyrinthe de galeries.

Le Bayon

Ce temple, véritable chef d’oeuvre, est unique en ce sens qu’il incarne le génie créatif du fameux roi de l’empire khmer, Jayavarman VII. Il occupait le centre exact de la cité d’Angkor Thom. Situé dans une enceinte de 150 m de chaque coté, La structure de base comporte trois niveaux correspondant à peu près aux étapes de sa réalisation. Elle. forme différents couloirs voûtés et escaliers escarpés et compte une massive montagne de 54 tours (il n’en reste que 37 aujourd’hui) ornées de 216 visages gigantesques d’Avalokiteshvara au sourire énigmatique. Ces tours sont chacune ornées de 4 visages qui devraient illustrer les 4 vertus du Bouddha :  au sud, la sympathie ; à l’est, la pitié ; au nord, l’humeur égale ; à l’ouest, l’égalité. La tour centrale haute de plus de 40 mètres est composée d’un sanctuaire autour duquel s’articulent huit chapelles éclatantes. Les murs sont ornés de différentes sculptures. Celles qui couvrent le mur extérieur sont célèbres. Elles dépeignent des scènes de la vie quotidienne au 12ème siècle. Ainsi le visiteur pourra découvrir des scènes de marché, des scènes de chasse ou de pêche par exemple. A d’autres endroits les bas-reliefs décrivent des scènes guerrières, celles contre les Chams, ou celles rappelant les batailles pour la reconquête du pays par Jayavarman II ou encore la bataille du grand lac, Tonlé Sap.

A lui seul le Bayon évoque une riche histoire et conserve toute sa part de mystère. Laissez-vous envoûter par tous ces regards qui, où que vous soyez autour du temple vous souriront.

Le Ta Phrom

Le Ta Phrom est un des autres temples à ne pas manquer lors d’une visite.Il figure parmi les temples les plus prisés car laissé à la jungle il dégage un charme inouïe et est unique au monde. Ses tours et ses murs ne tiennent que par l’entrelacs des racines. Il s’agit d’une véritable symbiose entre le travail de l’homme et celui de la nature.

Il fut construit vers la fin du 12ème siècle sous Jayavarman VII et dédié à sa mère. Il fut  appelé alors Rajavihara (monastère du Roi). Il est situé à l’est d’Angkor Thom, sur le bord sud du baray oriental et était à la fois monastère et université bouddhique.Comme les autres temples khmers, il se trouve dans une large enceinte d’environ 60 hectares. Il se compose de quatre portes à chaque point cardinal dont les tours sont ornées de quatre visages rappelant le style d’Angkor Thom. Une cinquième porte plus discrète, se trouvant sur le mur nord, aurait peut-être servi de “porte de service”.

Le Ta Phrom se compose donc de plusieurs cours fermées et de couloirs étroits dans lesquels on trouve des pierres de taille variée délicatement sculptée par la végétation. Sur les murs, lichens, mousses et plantes grimpantes recouvrent les bas-reliefs. Des buissons surgissent de par et d’autres des porches. Le gopura (pavillon d’entrée) qu’il faut aller voir à l’est de l’enceinte, est étranglé par une racine spectaculaire, surnommée arbre-crocodile. Le temple de Ta Phrom  fut autrefois l’un des plus grands temples d’Angkor et il est aujourd’hui l’un des plus photographiés. Du fait qu’il ait été laissé presqu’en l’état lors de sa redécouverte au début du XXème siècle, il a été choisi par l’Ecole française d’Extrème-Orient comme « concession au goût général pour le pittoresque » d’après Maurice Glaize, ancien conservateur d’Angkor. Ce monastère abritait 260 divinités, servies par 12640 personnes. D’après une inscription, plus de 66 000 fermiers produisaient plus de 2 500 tonnes de riz par an pour nourrir l’ensemble des  prêtres, des danseuses et des ouvriers. La vaisselle était en or et la tour centrale croulait sous les pierres précieuses. Le visiteur laissera son imagination l’emporter à la vue de ce site exceptionnel.

Le Preah Khan

Plus qu’un temple, ce temple correspond à une ville antique disparue de plus de 50 ha. Le Preah Khan (épée sacrée) figure parmi les plus grands ensemble d’Angkor. Il rappelle le Ta Prohm par sa végétation luxuriante, ses enceintes couronnées de tours et traversées de corridors étroits. Le temple fut vandalisé mais il reste de très belles sculptures d’autant que le site a été restauré par le World Monuments Fund. Cette ancienne ville qui abritait un monastère et une université bouddhique comptait plus de 5000 villages alentour avec près de 100000 âmes, 4500 cuisiniers et 1000 danseuses au sein du temple.

L’entrée principale se situe du côté Est bien que la plupart des visiteurs empruntent la porte Ouest. C’est à l’entrée Est que les bas reliefs représentant Bouddha furent détruits par les brahmanistes (prêtres hindous) au XIIIème siècle et remplacées par des représentations hindouistes. Au centre de l’ancien périmètre, après l’enfilade de galeries et de portes, on trouve un grand stupa en pierre rapporté au XVème siècle.

En passant la deuxième porte, on apercevra les impressionnants fromagers qui épousent la toiture. L’intérieur est couvert de bas-reliefs, de fausses fenêtres et de fausses portes. Viennent ensuite les bibliothèques dont l’enfilade de petites portes et de petites pièces mènent au centre du temple. On notera les nombreux petits trous dans les murs qui devaient permettre de fixer des plaques de métal renvoyant la lumière. Les plaques, ornées de bijoux auraient été volées à moins que cette partie ne fut jamais achevée. Enfin, on remarquera le lingam, pierre d’origine phallique, aux trois formes : rond à la base pour Shiva, octogonal pour Vishnou, carré pour Brahma.

La richesse de ce temple moins visité ne fera que vous enchanter. 

Banteay Srei

A l’extérieur des circuits, à environ une heure de Siem Raep, ce temple du Xème siècle, taillé dans une pierre rosée, est considéré comme le joyau de l’art angkorien. Ce temple a été rendu célèbre à travers Malraux, qui y vola un  bas-relief en 1923.

La construction de l’édifice débuta en 967 et, particularité, fut commandée par un brahmane qui aurait été précepteur de Jayavarman V. L’archéologue Maurice Glaise qualifie ce temple comme « le plus joli des temples khmers ».Ce temple est en effet orné de splendides bas-reliefs en filigrane, de sculptures de femmes gracieuses en jupes traditionnelles, des fleurs de lotus à la main. Sur les linteaux des portes figurent des scènes de la mythologie brahmanique dont les détails font penser à de véritables dentelles.

Les visiteurs qui ont le temps et partent tôt le matin pourront poursuivre ou commencer par le Kbal Spean, la « rivière aux mille lingams » à une vingtaine de km plus au nord. On découvrira un lit de rivière superbement sculpté au pied duquel la belle chute d’eau permet de se rafraîchir (en fonction de la saison).

Terrasse du Roi Lepreux

Cette terrasse est une plate-forme de 7 m de hauteur. Elle doit son nom à une mystérieuse petite statue nue et asexuée qui, d’après la plus plausible des hypothèses, représenterait Yama, le Dieu de la Mort. La terrasse aurait alors servi de lieu crématorium. D’après l’autre théorie, au moins deux rois d’Angkor auraient contracté la lèpre et la statue représenterait l’un d’entre eux.

Les bas-reliefs ornant les murs de chaque côté sont de véritables merveilles. On pourra y observer de nombreuses divinités, nagas géants, apsaras, génies et monstres divers bien conservés.

Kbal Spean

Au nord de Banteay Srey, à une vingtaine de km plus loin, on arrive à Kbal Spean. Il s’agit plus précisément d’un lit de rivière superbement sculpté. La « rivière aux mille lingams » ainsi qu’elle est souvent nommée,se découvre après une petite marche à travers une  forêt dense. Ces lingas, pierres dressées en forme phallique,ont été taillées au fond du cours d’eau et aux alentours. Elles servaient à bénir les eaux avant qu’elles n’atteignent la cité royale. Vers l’aval de la rivière, on remarquera de belles sculptures de Vishnou, de Shiva et de son épouse Uma avant de découvrir, plus bas, les centaines de linga. La rivière va ensuite rejoindre les rivières Siem Raep et Puok en passant par le temple d’Angkor Wat.

Ta Som (site d’Angkor)

Ce  temple bouddhique, dédié à la mémoire des ancêtres des rois, a été bâti à la fin du XIIème siècle tout comme le Ta Phrom. Il est également envahi par la forêt mais a été rénové en très grande partie. Il est surtout connu pour sa tour à visages (entrée ouest).

Prasat Kravan

C’est l’un des premiers temples du site. Il date du Xème siècle mais a été restauré il y a 40 ans. Ce temple dédié à Vishnou se distingue par sa jolie brique qui contraste avec le grès plus largement employé par la suite. Cette restauration a rendu leur splendeur aux sculptures. Des représentations de Vishnou dans la plus grande tour centrale montrent la divinité aux huits bras alors que dans la tour le plus septentrionale, des bas-reliefs représentent Lakshmi, l’épouse de Vishnou.

Neak Pean

Ce petit temple bouddhique, construit à la fin du XIIème siècle sous le règne de Jayavarman VII, a des proportions parfaites. Il comporte un grand bassin carré entouré d’escaliers avec autour quatre bassins plus petits. Au centre se trouve une statue qui orne le grand bassin. En fait, le groupe sculpté de ce grand bassin représente un cheval mythique tirant des hommes par sa queue. Les pèlerins y venaient s’asperger d’eau sacrée, le bassin étant une réplique du lac sacré Anavatapta.

Groupe des Roluos

Cet ensemble de temples connu sous le nom de groupe de Roluos a été construit à la fin du 9ème siècle. Situé à une quinzaine de km à l’est de Siem Reap, on y accède par une route qui traverse de jolis villages traditionnels. Ces temples marquent le début de l’art khmer classique et la fin des constructions en bois et matériaux légers. Ces matériaux étaient en effet fragiles et présentaient un côté éphèmère. Au sein de ce groupe trois temples méritent une petite vsite :

Le Preak Ko (le Boeuf sacré)

Edifié par le roi Indravarman, ce temple fut dédié à  Shiva. Il comporte des ornemants en plâtre très bien conservés ainsi des inscriptions en sanskrit intéressantes

Le Bakong

C’est le plus grand et le plus intéressant du groupe. Il reste un monastère bouddhique en activité. Symbolisant le mont Meru, il constituait le principal temple de la cité.

Le Lolei

Il s’agit plus précisément de quatre tours en brique quasiment identiques à celles du Preah Ko. Elles se tenaient à l’époque, sur un îlot au milieu d’un grand réservoir, devenu aujourd’hui une rizière.

Beng Mealea

 Ce temple, situé à 60 km de Siem Raep, presque oublié, enfoui dans la végétation dont les lianes ou les racines ont remodelé les formes, garde tout son charme. Moins visité il fera le bonheur des passionnés ou des romantiques.

Ville et sanctuaire à la fois, datant du XIIème siècle, la « guirlande de l’étang », comme on la nomme suit un plan similaire à celui d’Angkor Vat. Il fut construit grâce à une carrière de pierres proche. Ce temple était recouvert d’une abondante végétation qui obstruait les entrées. Depuis peu, des passages ont été aménagés. En entrant par le sud, il faut se frayer un chemin sur les blocs de pierre ou circuler sur des escaliers de bois, avant d’arriver à la tour centrale totalement écroulée et formant un immense éboulis. Le visiteur pourra se laisser guider par des enfants du coin ! Après un passage couvert, on débouchera sur une splendide bibliothèque qui laissera apparaître de magnifiques colonnes encore debout. On découvrira aussi de très beaux linteaux à même le sol, des Apsaras coupées en deux et des sculptures mythiques.

Laissez-vous enchanter par ce temple peu visité mais dont le charme ne vous laissera sans doute pas indifférent.

Le Tonlé Sap

Le Tonlé Sap est le plus vaste lac d’eau douce d’Asie du Sud-Est et représente pour le pays une réserve inestimable pour le pays. La traduction cambodgienne de « grande rivière d’eau douce » se justifie par le fait qu’un long chenal de 100 km relie le lac au Mékong au niveau de Phnom Penh. En 1997, l’Unesco l’a reconnu en tant que réserve de biosphère compte tenu de son écosystème unique. En saison des pluies, la superficie du lac s’accroît de 5 à 7 fois et sa profondeur passe de2,20 m à plus de 10 m. Cela en fait une des plus riches réserves de poisson d’eau douce du monde et constitue pour près d’un million de cambodgiens une ressource des plus précieuses.

Tout en respectant cet environnement néanmoins fragilisé par la construction de certains barrages en amont et par la déforestation, le voyageur pourra s’offrir une ballade en bateau. Elle lui permettra de se rendre compte de cette magnifique réserve d’eau et de côtoyer les villages flottants avec leurs habitations sur pilotis.Une véritable vie locale s’est instaurée depuis toujours sur le lac, avec ses temples et même ses écoles. Une énorme quantité de marchandises arrivent par le lac qui représente également un accès vital pour la ville de Siem Raep.

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